LE COIFFEUR VEGETAL

Non, les coiffeurs bio et végan ne sont pas réservés à une élite de « bobos friqués ». Enfin… peut-être un peu, si l’on considère que vouloir mieux consommer et prendre soin de soi relève encore d’un certain privilège, surtout à Paris. Pour ma part, je me situe plutôt dans une classe moyenne attentive à son budget, cherchant simplement à concilier bien-être et dépenses raisonnables. D’ailleurs, je mets quiconque au défi de trouver un bon coloriste à moins de 100 € pour des cheveux mi-longs.

Chez Biocoiff’

Après des années de colorations chimiques en salons classiques — Tchip, Coiffirst, 3D et consorts — j’ai finalement poussé la porte de Biocoiff’. J’ai commencé par un soin destiné à renforcer et hydrater mes cheveux, abîmés par des décolorations répétées. Mon rêve ? Un blond polaire digne des chevelures scandinaves. Malgré les heures passées sous casque et les mèches enveloppées d’aluminium, le résultat n’a jamais été à la hauteur de mes attentes. Mes cheveux, devenus poreux, secs et cassants, m’ont peu à peu poussée vers des alternatives plus douces — et surtout plus éthiques.

Car il faut bien l’admettre les produits conventionnels, même lorsqu’ils se parent d’une étiquette “bio”, restent souvent loin d’être irréprochables. Ce premier pas vers des soins naturels a été une révélation. Les produits utilisés sont cruelty-free et sans ingrédients d’origine animale, donc pleinement végan. Et leur parfum… un véritable plaisir sensoriel. Quant au service, il rivalise sans difficulté avec celui des grands salons, avec en prime une boisson offerte.

Passer à l’étape suivante — la coloration végétale — peut toutefois susciter quelques appréhensions. Il faut savoir qu’un retour aux colorations chimiques devient alors fortement déconseillé, sous peine de résultats inattendus, parfois verdâtres ou bleutés. Certaines transformations nécessitent aussi un processus en deux temps, impliquant parfois de patienter quelques semaines avec une teinte intermédiaire… disons, audacieuse?

Heureusement, les professionnels prennent le temps d’expliquer chaque étape et d’adapter leurs propositions. Pour ma part, j’ai opté pour une coloration blonde couvrante, sans passer par une phase « citrouille ». Une solution plus simple, mais tout aussi impressionnante. Le résultat final ne se révèle d’ailleurs qu’après 48 heures, une fois le premier shampoing effectué chez soi. Avec le végétal, la patience fait partie du processus — et peut-être même de la philosophie.

Aujourd’hui, je suis convaincue par cette approche. Elle sent bon le henné et l’amla, respecte davantage le vivant, et rappelle que notre beauté ne devrait jamais se faire au détriment du reste.